Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 18:44

P1030546Mardi matin, on s’est levé tôt… Mais pas assez pour éviter les embouteillages monstrueux qui paralysent Luanda du matin au soir. Nous avons donc mis plus de 2 heures, montre en main, à sortir de la ville. Et nous avons filé vers le sud. Sibonguilé, ma collègue sud-africaine, a pu voir les champs de condominiums ultra-sécurisés pour expatriés fortunés et desperate expats’ wives de Luanda Sul, une banlieue qui n’a rien à envier à Wisteria Lane.

Puis les maisons se sont raréfiées, et ont laissé aux baobabs. Après une quarantaine de kilomètres de piste toute cabossée, nous sommes arrivé au camps du parc national de Kissama, où Roland Goetz nous attendait, dans sa tenue de rangers.

Cet Afrikaner d’une petite 50aine d’années habite là, dans sa petite maison au confort spartiate, depuis 8 ans. Il a débarqué en Angola quelques semaines avant la fin de la guerre, en 2002, avec pour modeste mission de diriger ce parc gigantesque (1 million d’hectares, soit la moitié du parc Kruger).

Haut lieu du tourisme angolais jusqu’à l’indépendance, en 1975, le parc est ensuite tombé à l’abandon, pendant la guerre. Les soldats cubains, qui étaient installés sur la base militaire de Cabo Ledo, pas loin de là, avaient pris l’habitude de se distraire le dimanche en chassant les animaux depuis leurs hélicoptères, en rase-motte, nous raconte Roland.

A la fin des années 90, une fondation a été créée, avec l’aide d’un professeur sud-africain et de ses étudiants. En 2000, ils ont décidé de clôturer une petite partie de cet immense parc, et de le repeupler. Donc 35 éléphants ont notamment été acheminés, en avion puis en container depuis la base militaire voisine ! Qui se sont bien adapté, vraisemblablement, puisqu’ils sont 70 aujourd’hui.

Depuis 8 ans, Roland Goetz arpente ce million d’hectares, aidé de 14 rangers, armés de vieux AK47, à la chasse aux braconniers, et puis pour discuter avec les villageois qui vivent sur le site, instaurer des règles (les autoriser à faire des cultures vivrières, mais pas d’agriculture commerciale, notamment), empêcher que les déplacés de guerre qui se sont installés sur la côte ne détruisent la faune en pêchant et en prenant les œufs des tortues, et la flore, en faisant du charbon de façon anarchique…

Un homme bourru, un peu ours, mais complètement intarissable quand il s’agit de « son » parc.

Le tourisme  de masse? Ce n’est pas vraiment pour tout-de-suite. Un hôtel, avec des petits bungalows, a été remis en état il y a quelques années, et accueille des expatriés de Total et autres compagnies pétrolières, qui fuient le capharnaüm luandais le temps d’un week end. Le restaurant, qui a une vue incroyable sur toute la vallée,  est un peu désuet, le personnel peu efficace et les plats sans grand intérêt. On imagine mal des touristes européens affronter la galère des visas et dépenser des milliers de dollars pour venir se distraire ici.

Mais d’après notre ami Roland, il y a, dans ce parc des oiseaux rares, qui pourraient être l’opportunité d’un tourisme de niche. Un passionné est même venu exprès de Suisse pour observer une sorte d’oiseau !

Autre centre d’intérêt, dans la région : la pêche. Le Kwanza lodge, situé à l’embouchure de la rivière du même nom, à l’entrée du parc accueille de plus en plus de fous de pêche, notamment des sud-africains qui traversent la Namibie en 4x4 pour venir pêcher le Tarpon… « An experience of a lifetime » paraît-il.

Par Tess
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