Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /Déc /2009 19:26

vue-de-l-hotel-blog.jpgN’ayant rien prévu pour noël, on a décidé de se faire un petit dîner cool tous les deux le 24 ; Et de profiter de ce week end de trois jours pour filer très tôt, vendredi matin, en direction de Malanje. Il est assez difficile d’obtenir des informations, ici, « à jour » sur l’état des routes et les infrastructures touristiques. On avait glâné quelques cartes des routes et des itinéraires, et aussi quelques noms d’hotels. Mais la communication téléphonique est encore assez mauvaise avec cette région. J’avais quand même fini par réussir à joindre une petite pousada du nom de Guidinho, dans un bled appelé Cacuso, qui était assez bien situé pour nous permettre de sillonner tout autour. Le seul commentaire que nous avions lu sur l’endroit : « Confort très sommaire, quasi inexistant. Pas d’eau courante. Mais ambiance assurée ».  Le monsieur, au téléphone, m’avait assuré qu’il leur restait une chambre. On s’est imaginé qu’il s’agissait sûrement d’un vieil hôtel décati, avec une atmosphère super charmante et désuète, avec des chambres un peu moisies. Tout ça dans un village super authentique. Après une journée entière de route –dont une grande partie sur la piste, dans une toute petite jeep tape-cul qui m’avait filé un sacré mal de tête—on est arrivés à Cacuso, un 25 décembre à 16h. La rue principale était pleine de types complètement saouls d’avoir trop fêté noël. Les gens encore vaillants entouraient notre voiture avec un « boas festas » très insistant limite agressif, qui ressemblait plus à une insulte qu’à un « bonnes fêtes » bienveillant (en vrai, ça voulait juste dire « file moi mon bakchich de noël »). Et pas de vieil hôtel décati à l’horizon. Juste une baraque au toit en tôle, sorte de bar, avec des lumières bleues à l’intérieur et deux grosses enceintes qui crachaient de la très mauvaise musique pleine de grésillements. C’était là. On a réfléchi un instant. Pas très longtemps, j’avoue. Et on a repris la route pour Malanje, à 70 kilomètres de là. Une grosse ville pleine de charme, avec quelques bâtiments d’architecture coloniale rénovés. Et un joyeux bordel de bâtiments modernes pas finis et de petites baraques de fortune. On a posé notre sac au Palanca Negra, un très chouette hôtel avec une vue superbe sur la vallée. Et on est allés déguster un excellent cabri grillé dans un tout petit boui-boui tenu par un malien musulman, dans un quartier animé, avec de la rumba congolaise en fond sonore. Le lendemain matin, au petit déjeuner, à l’hôtel, Nico a discuté avec le serveur, qui lui disait que cette région avait été super dévastée par la guerre. La grande vallée toute verte, cette si jolie vue qu’on a de l’hôtel, est encore infestée de mines. Un des grands maux de ce pays.  Il nous racontait que pendant la guerre, les camions mettaient 4 jours pour arriver jusque là, de Luanda, et ils traversaient plein de villages qui avaient besoin de nourriture, eux aussi, donc parfois la cargaison n’arrivait pas jusqu’à eux. Il y avait donc beaucoup de gens qui mourraient de faim, et de maladie. C’est tellement incroyable de se dire que ce garçon souriant, qui doit avoir 25 ou 30 ans, parle d’une période qui n’est pas si éloignée, qu’il a très bien connu. On oublie parfois que la guerre n’est finie que depuis 7 ans en Angola. Tout au long de ce road-trip (800 kilomètres en deux jours, parce qu’on est finalement rentrés ici hier soir), on a pu admirer des paysages incroyables. Une végétation super dense par endroits. Des nuances de vert, allant du vert émeraude à un vert presque fluo. On a traversé des villages entiers dévastés par la guerre, avec des bâtiments dont il ne reste que la structure et certains murs en béton. Plus de toit. Plus de fenêtres, ni de portes. Tout a certainement été pillé après les bombardements. Des morceaux de drapeaux du MPLA, souvent déchirés, abimés par le temps, qui flottent en haut d’un bout de bois. Certains ressemblent à des villages fantômes, abandonnés. D’autres sont habités. On y voit des petites cases, qui datent certainement d’après la guerre, à côté des ruines, tout en terre, avec des toits en paille, ou parfois en tôle. Avec des enfants, qui jouent dehors. Et les adultes, qui discutent paisiblement sur une chaise devant leur maison.  Et des chèvres, partout, des cochons aussi. Et des poules, sur la route. Tellement loin de Luanda-la moderne.

On a pu aller visiter deux grandes attractions touristiques angolaises : les « pedras negras », d’énormes rochers plantés au milieu de la végétation. Et les chutes de calandula, où j’ai pu me prendre pour Marilyn dans « Niagara »…pedrasnegras blog

C’est assez dingue, parce que ce sont deux endroits magiques. Bien connus en Angola, mais encore très peu aménagés. Aucune barrière de sécurité. Pas une seule poubelle jaune fluo pour venir gâcher le paysage ! Et surtout pas un chat. A peine quelques Chinois, croisés dans la montée des pedras negras. malanje blog

Par Tess
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