Jeudi 2 décembre 2010 4 02 /12 /Déc /2010 18:31

P1030658.JPGNous voici donc toutes les deux parties, lundi matin, dans la Toyota de notre ami Francisco, étudiant en psychologie et arbitre de basket, qui loue ses services à l’AFP de temps en temps pour se faire quelques sous.

Premier sujet : Luanda la ville la plus chère du monde.

Illustration avec une petite visite dans le supermarché le plus chic de la capitale angolaise, « Casa Dos Frescos », où l’on trouve des poireaux  et des courgettes direct venus d’Europe,  des fromages raffinés et autres thés Mariages Frères, ou bien des yaourts Danone, à 3 dollars l’unité –soit 12 dollars les 4, oui oui vous avez bien lu.

Un petit steak pour 2 vous coutera la modique somme de 30 dollars.  Dans une ambiance feutrée, des expatriés et des bourgeois angolais remplissent des caddies entiers pour des prix délirants. Une jeune maman japonaise nous confie qu’elle préfère ne pas penser à sin budget nourriture, « c’est trop angoissant ». Nadine, franco-libanaise en Angola depuis 10 ans, dit dépenser 5000 dollars par mois, juste pour les courses de nourriture, pour une famille de 4. S’ajoutent à cela les dépenses de sorties… Et le loyer, de 10 000 dollars !

Changement de décor radical, avec Jorge, qui nous invite chez lui pour nous montrer comment vit la très grande majorité des Angolais : Une petite maison entre deux ruelles en terre, dans le bidonville de « Prenda » (« cadeau », en Portugais, un nom bien ironique), où s’entassent 10 personnes : ses parents, sa sœur, veuve, et ses deux enfants, des tantes, des frères, et un cousin, qui dort dans une carcasse de taxi entreposée dans la petite cour en béton. Jorge, qui dort sur un matelas dans la cour, pour ne pas souffrir de la chaleur étouffante, se lave chaque matin dans la petite salle de bain extérieure, (avec de l’eau achetée à prix d’or en bidons de 20 litres, puisqu’il n’a pas l’eau courante, comme la plupart des habitants des bidonvilles de Luanda), et part à pied, toujours tiré à 4 épingles, chemise impeccable, pour la boîte étrangère pour laquelle il est employé de bureau. Jorge gagne 850 dollars par mois, soit 10 fois le salaire minimum angolais.  Et malgré tout, il ne mange pas à sa faim tous les soirs, parce qu’il est le seul de sa famille à avoir un revenu fixe.

Sizaltina, une jeune angolaise avec une pêche incroyable, qui travaille pour l’Open Society (de la fondation Georges Soros), nous explique que « Luanda n’est pas seulement la ville la plus chère du monde pour les expatriés, comme on le lit souvent dans les médias… La vie est chère pour tout le monde ici ! ».

Sizaltina gagne bien sa vie, a fait des études supérieures, et s’apparente à une classe moyenne émergente (même si elle n’aime pas le terme !) ; mais elle connaît les mêmes galères que des millions d’Angolais : 10 dollars par jours de candongheiro (le taxi collectif) pour aller et revenir du bureau, en centre ville, depuis Viana, une banlieue résidentielle à 20 km de là (le double du prix, parfois, quand il pleut et que les embouteillages et l’état des routes rendent la circulation impossible), un porteur et des bidons à payer parce que pas accès à l’eau courante, pareil pour l’électricité, payée plus chère parce qu’elle doit passer par le groupe électrogène d’un particulier, n’étant pas reliée au réseau d’Edel, l’entreprise nationale d’électricité…

Par Tess
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