Dimanche 18 avril 2010 7 18 /04 /Avr /2010 20:51

 

P1000245Certains ont cru que j'avais abandonné ce blog à cause d'une très grosse flemme. D'autres ont dû penser que j'étais déjà blasée, que plus rien ne m'étonnait, au bout de 6 mois, dans cette grande ville qu'est Luanda. Eh bien il n'en est rien. Enfin presque. J'avoue, il y a eu de longues vacances, une absence du pays prolongée... Et un petit coup de flemme au retour. Mais ensuite j'ai écrit le post ci-dessous que j'ai eu toutes les peines du monde à publier parce que je n'ai plus accès au site administrateur depuis mon ordinateur. Très, très étrange. Au moment où je m'apprêtais à créer un nouveau blog, on a essayé à tout hazard depuis l'ordinateur de Nico. Et magie, ça fonctionne. Voici donc du vieux, ci-dessous, et du tout neuf très vite, promis.

 

 Après les fameuses aventures footballistiques de janvier, nous sommes partis en vacances –-de très, très belles vacances, entre Capetown et Maurice chez mes parents— puis je suis allée 15 jours en formation à l’AFP à Johannesburg.

Et puis je suis rentrée chez nous, pour la toute première fois depuis que je vis en Angola, il y a 15  jours. Je suis sortie de l’aéroport de Luanda (devenu un truc super moderne et chic qui n’a plus rien à voir avec celui que j’ai connu il y a 6 mois), mon nouveau chauffeur Arnoldo m’attendait. J’ai eu un peu de mal à engager la conversation, mon portugais étant un peu rouillé après un mois et demi de voyage. J’ai retrouvé les rues embouteillées de Luanda, dans lesquelles j’ai désormais mes repères. Et je me suis sentie chez moi, en poussant la porte de notre appartement en bordel. Une sensation vraiment agréable.

Il y a plein de choses qui ne m’étonnent plus, comme quand je suis arrivée pour la première fois en octobre : les jolis carreaux portugais sur lesquels sont écrits les noms de rues, le cri des vendeuses de poisson, les scooters qui conduisent en sens inverse avec des bombes d’équitation qui font office de casque, les filles aux formes généreuses en string sur les plages bondées d’Ilha le week end…

Mais le quotidien de journaliste à Luanda continue (heureusement) à m’apporter son lot de découvertes insolites, de chouettes rencontres.

 

La semaine dernière, j’ai assisté au verdict d’un procès, à l’issue duquel 7 policiers ont été condamnés à la peine maximale pour avoir tiré sur 8 jeunes innocents dans le quartier pauvre de Sambizanga. C’était la toute première fois que des policiers écopaient d’une telle peine de prison, à un moment où les articles se multiplient dans les médias indépendants sur les bavures des forces de l’ordre, et les rapports internationaux tirent la sonnette d’alarme de l’impunité en Angola.

Dans une petite salle du très beau palais de justice Dona Ana Joaquina (une grande bâtisse jaune et blanche de style colonial  portugais), tous les bancs en bois ont été retirés pour que puissent rentrer tous les badauds venus assister à cette sentence historique. C’était le summum de la « confusao » : La foule poussait tellement pour entrer dans cette toute petite pièce que les policiers étaient surpassés. La presse s’est retrouvée carrément derrière le juge et les avocats, les caméramans, super nombreux, occupaient le banc des accusés, qui ne pouvaient pas rentrer. Et puis ceux-ci sont arrivés, tous les 7, dans leur tenue de prisonniers, sans menottes, mais avec une mine qui laissait penser qu’ils se doutaient du verdict. Presque une scène de film.

 

Alors voilà, avec les yeux grand ouverts, je continue à regarder le pays avancer dans  cette étape de « reconstruction » qui se fait presque à vue d’œil : il y a Luanda et ses constructions qui poussent comme des champignons, mais il y a aussi le reste du pays, tout autour. Les champs déminés, qui cèdent la place aux terres agricoles. Les chemins de fer, qui sont remis en état, avec leurs promesses d’une autre vie, plus ouverte vers l’extérieur, pour les habitants des villages qu’ils traversent. Mais aussi leurs lots de « dommages collatéraux » : 3000 maisons démolies, aux abords de la voie ferrée de Lubango (une des 4 villes de la CAN, dans le sud), avec autant de familles délogées,  placées à plusieurs kilomètres de la ville.

 

Il y a une dizaine de jours, jolie anecdote : des guépards ont été aperçus dans le sud du pays, près de la frontière namibienne, pour la première fois en plusieurs décennies.  Les éléphants, aussi, ont débarqué (nombreux) dans l’est . La faune revient, petit à petit, 8 ans après la fin de la guerre.

Par Tess
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