Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 22:51
Welcome to my blog! C'est très intimidant d'écrire dans un blog pour la toute, toute première fois. Ca me rappelle mes journaux intimes, quand j'étais au lycée. Que j'avais entre les mains un carnet tout neuf, tout beau, et que j''écrivais à l'intérieur pour la première fois. En général je commençais par faire des "ratures", par arracher une ou deux pages, par changer de stylo... Avant de m'y mettre vraiment. 
Me voilà donc partie pour Luanda, Angola, où une toute nouvelle vie m'attend! Je devais décoller autour du 10 septembre; A cause des démarches administratives, qui ont pris quelques semaines supplémentaires, me voici en "stand by" à Paris, sans travail, dans les valises... Avec, finalement, un luxe de temps incroyable pour me préparer vraiment au Grand Départ.
Le temps de passer un vrai moment privilégié avec chacun de mes amis, le temps de traverser Paris en vélib et de me dire que j'ai vraiment eu une chance inouïe de vivre plus de 10 ans dans une aussi belle ville...
Et puis le temps de flâner sur Internet aussi, à la recherche d'informations, de détails, de descriptions, sur cette grande ville énigmatique qu'est Luanda.
Quand je suis allée en Inde, en vacances, avec mon amoureux, il y a quelques années, j'ai pu constater, dans les quelques mois précédant notre départ, que cette destination cristallisait  toutes les peurs des gens par rapport au voyage: On me parlait du fameux "syndrome de l'Inde" --dont, étonnement, chacun donne une définition différente, selon ses propres phobies et angoisses-- des viols sur les plages de Goa, autant de récits anxiogènes que les gens avaient rarement vécu directement, mais dont ils avaient entendu parler par un ami d'ami... Et qu'ils racontaient avec la même intensité que s'ils l'avaient vécu la veille.
J'ai appris, depuis, à prendre du recul par rapport aux peurs que chacun projette sur celui qui se lance dans une nouvelle aventure.
Quand j'ai commencé à dire autour de moi que je partais m'installer en Angola, ça n'a pas loupé, j'ai eu droit à un festival d'horreurs. Les gens faisaient un mix entre le Liberia et le Nigeria... Ils commençaient par dire: "Oulà... C'est chaud làbas, non?" Moi: "Chaud... Dans quel sens?" "Euh, je ne sais pas, y a pas la guerre/ des enfants soldats/ des gens qui se tirent dessus dans les rues...?" Et puis ceux qui "connaissent", parce qu'ils ont un ami d'ami qui y a séjourné sur une plate-forme au large ou bien en 1962, c'est pas mieux. J'ai donc décidé de n'écouter ces westerns exotiques que d'une oreille distraite. Et d'aller moi-même à la pêche aux infos, grâce à la magie d'Internet.

Au fil des blogs, des photos, des articles, assez rares, en Français, et avec les quelques mots que j'arrive à saisir dans les articles en Portugais, beaucoup plus nombreux, évidemment, je vois se dessiner, en ombre chinoise, une ville énorme, qui grouille, avec des embouteillages à n'en plus finir, un mélange étonnant de 4x4 rutilants, de Hummers bling-bling et de taxis collectifs cabossés qui laissent des nuages de fumée noire derrière eux. La marginale, avec ses palmiers qui lui donnent des allures de vacances, les vieux bâtiments portugais au charme suranné, laissés à l'abandon, les tours gigantesques en construction, stigmates de la ruée vers l'or noir de ces dernières années, et puis les "musseque", ces bidonvilles qui s'étendent à perte de vue autour de la grande ville, et qui nous rappellent qu'en Angola, si quelques-uns sont immensément riches, comme nulle part ailleurs en Afrique, la très grande majorité de la population vit avec moins d'un dollar par jour.

Je découvre des portraits de "pintades" tout à fait authentiques, du stéréotype de la femme d'expatrié, qui raconte sur les forums qu'elle passe un après-midi par semaine dans un orphelinat de Luanda, mais que "c'est pas pour les bonnes oeuvres, hein, c'est juste que les gosses me font marrer et puis que ça occupe" (AU SECOURS!),  à la mannequin angolaise jet-set, qui passe ses nuits dans les soirées branchées des boîtes chics d'Ilha, où elle dépense de 200 à 300 dollars à chaque sortie, et ses journées dans les allées du centre commercial de luxe, en passant par "Noyo crazy" ou "Gata agressiva", chanteuses de kuduru des quartiers populaires...

Et puis il y a l'hotel Globo, découvert au détour d'un article. Ce vieil hotel décati du bord de mer, qui date des années 50, avec ses airs de Miami, abrite une population de travailleurs immigrés chinois, russes, philippins, et puis des artistes, qui s'y donnent rendez-vous. Ces quelques mots ont éveillé ma curiosité. J'ai fouiné sur Internet, à la recherche d'une photo de ce lieu dont j'avais déjà  à l'esprit une image très nette... Et je suis tombée sur cette vieille photo.
Depuis, c'est décidé: L'hotel Globo sera ma première destination luandaise.



 
Par Tess
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